Comment le design peut-il réduire l’impact environnemental d’un emballage ?

Plusieurs options existent pour réduire l’impact environnemental d’un emballage. L’une d’elles consiste à le concevoir intelligemment. “Il faut apprendre à mesurer l’impact environnemental de l’emballage sur tout le cycle de vie du produit”, déclare Raymond Peutz, concepteur d’emballages indépendant.

 


Avant tout, bien se préparer

Concevoir l’emballage le plus approprié passe d’abord par une connaissance approfondie du produit. À quoi est-il sensible? Quelles sont les conditions propres à chacune des phases de son cycle de vie ? À partir de ces éléments, le concepteur pourra définir les exigences pour chacune des fonctions de l’emballage. “Quelle protection l’emballage doitil offrir? Comment emballage et produit seront-ils utilisés? Comment s’effectuera le transport? Quel soutien commercial l’emballage doit-il apporter? Les réponses à ces questions permettent de définir les exigences minimales”, explique Raymond Peutz. D’après Raymond Peutz, le programme d’exigences doit tenir compte de l’impact environnemental de l’emballage. “Les concepteurs de produits peuvent mesurer l’impact environnemental d’un produit tout au long de son cycle de vie. Ils savent quantifier l’utilisation des matériaux et les émissions engendrées par la production, le transport et l’utilisation du produit, ainsi que par le traitement des déchets”, poursuit-il. “Les concepteurs d’emballages se livrent au même exercice. Nous devons évaluer l’impact environnemental de l’emballage sur la durée de vie du produit emballé. Il s’agit en quelque sorte d’attribuer un budget écologique à chacune des fonctions de l’emballage. À ce titre, l’approche intégrale de l’Ecolabel européen est un pas dans la bonne direction.”

Eviter le suremballage

L’emballage a également un effet positif sur l’environnement. Il suffit de songer à la quantité de produits endommagés ou pourris qui finiraient prématurément à la poubelle s’ils n’étaient pas protégés par un emballage. De nombreuses entreprises ne connaissent toutefois pas les risques auxquels leurs produits sont réellement exposés. Elles préfèrent jouer sûr et prévoient souvent un emballage excessif. “Un fabricant de climatiseurs cherchait un emballage pour son nouveau produit. Au départ, il voulait utiliser le même matériau que pour l’ancien modèle”, raconte Raymond Peutz. “Une étude de l’IPS a montré que le nouveau produit était beaucoup moins fragile que l’ancien et que, par conséquent, on pouvait économiser sur l’emballage sans nuire pour autant à la protection.” Cela vaut la peine de faire une recherche minutieuse pour trouver la solution d’emballage optimale car le suremballage représente une charge, tant au niveau budgétaire que pour l’environnement.

 

Bon à retenir

  • Le processus de conception commence par la définition des exigences. L’impact environnemental de l’emballage tout au long de la durée de vie du produit est quantifié financièrement.
  • Un emballage judicieusement pensé évite les risques de suremballage et réduit le nombre de transports.
  • Il limite également le gaspillage de produits et améliore l’équilibre entre objectifs commerciaux et impact environnemental.

 

La conception d’un produit doit tenir compte de l’emballage

Le rôle de l’emballage est d’être au service du produit. C’est ce qui ressort clairement de ses quatre fonctions de base: protection, utilisation, transport et soutien commercial. Mais il constitue aussi une donnée fondamentale pour la conception du produit. Le concepteur définira les dimensions d’un emballage en fonction des différentes phases de vie du produit : production et stockage, transport, présentation dans les rayons du magasin, utilisation par le consommateur. Autre exemple : la possibilité de recourir à un emballage aseptisé permet au concepteur d’abaisser les exigences de protection. En résumé, la conception intelligente d’un produit passe par l’intégration de l’emballage dès le début.

L’emballage joue un important rôle de soutien commercial pour le produit. De ce fait, il prend parfois des formes très originales, qui ont souvent un impact énorme sur l’environnement.

 

 

Trouver le juste équilibre entre exigences commerciales et respect de l’environnement

Le rôle de l’emballage est aussi de soutenir l’identité de la marque, ce qui se traduit souvent par un design coûteux et un impact environnemental important. Raymond Peutz : “Dans le secteur des cosmétiques et notamment dans le segment des parfums, par exemple, les concepteurs d’emballages font preuve d’une créativité débordante. Cet aspect est primordial pour permettre au produit de se différencier. Résultat: l’emballage est parfois plus créateur d’identité que le contenu même.” Mais cette créativité exige un supplément d’emballage pour protéger le produit pendant le transport. Par ailleurs, l’emballage est souvent réalisé à partir de différents matériaux qui le rendent difficilement recyclable.

On peut aussi raisonner autrement. “Il m’est arrivé de créer un emballage pour un fabricant de modems en partant de la forme du produit. Tous les câbles étaient placés sous un carton, à côté du modem, ce qui assurait d’office une protection supplémentaire. Comme le design même du produit était très fort, j’ai pu limiter la fonction commerciale de l’emballage et ainsi réduire son impact environnemental.”

Un design judicieux permet de rationaliser le transport

L’emballage a également un impact logistique important. Conçu intelligemment, il permet de réduire considérablement le nombre de transports. “Dans le cas d’emballages rectangulaires, le concepteur peut adapter le format en fonction des dimensions d’une europalette et veiller à ce qu’ils soient empilables pour utiliser toute la hauteur de chargement d’un camion”, commente Raymond Peutz. “Le designer a donc énormément de possibilités pour réduire l’impact environnemental lié au transport.

La conception réduit le gaspillage

Conçu intelligemment, il permet de réduire considérablement le nombre de transports. “Dans le cas d’emballages rectangulaires, le concepteur peut adapter le format en fonction des dimensions d’une europalette et veiller à ce qu’ils soient empilables pour utiliser toute la hauteur de chargement d’un camion”, commente Raymond Peutz. “Le designer a donc énormément de possibilités pour réduire l’impact environnemental lié au transport.” Le design peut également contribuer à la convivialité du produit et à la lutte contre le gaspillage. Il suffit de songer au flacon de ketchup qui repose sur le bouchon (voir aussi la fiche Exemple Rexona Témoignage). Du fait de la gravité, le produit s’écoule plus facilement et il en reste moins dans le flacon. Un concept d’une apparente simplicité mais d’une redoutable efficacité. Les possibilités d’optimiser les fonctions d’un emballage sont donc légion.

 

Pour en savoir plus

  • Peutz Industrieel Ontwerp – spécialiste de la conception et de la mise en œuvre d’emballages grand public et industriels: www.peutz.be
  • Packaging People, la fédération belge des spécialistes de l’emballage : www.packagingpeople.be
  • IPS, Industrial Packing Support: www.ips-packaging.nl

 

 

L’emballage, outil d’information et de promotion

Mais comment réduire son impact environnemental ?

Les entreprises sont légalement tenues d’informer les consommateurs sur leurs produits. La liste des mentions obligatoires ne cesse de s’allonger et prend de plus en plus de place sur l’emballage. À côté de cela, l’emballage joue aussi un rôle promotionnel important. Comment les entreprises peuvent-elles concilier obligations légales et objectifs commerciaux ? Et ce, sans accroître la quantité d’emballages ni l’impact sur l’environnement ?

De plus en plus de mentions obligatoires

Les entreprises sont obligées de faire figurer toute une série d’informations sur leurs produits. Parmi celles-ci, on trouve les coordonnées du fabricant ou du distributeur et la composition du produit dans toutes les langues du pays dans lequel il est distribué. Ceci est sans compter les obligations nationales spécifiques. En France, par exemple, les fabricants de boissons alcoolisées doivent indiquer que leurs produits ne conviennent pas aux femmes enceintes.

Cette liste de mentions obligatoires devrait encore s’allonger à l’avenir. Plusieurs obligations sont en préparation aux niveaux international et européen, comme celle d’utiliser des caractères d’au moins 3 mm de haut sur les étiquettes. Intégrer toutes ces consignes sans accroître l’impact environnemental de l’emballage représente un véritable défi.

Informer par le biais de canaux alternatifs

L’une des alternatives consiste à ne pas placer les mentions légales sur l’emballage mais à les diffuser via d’autres canaux. Sur un site web distinct, par exemple. Mais dans quelle mesure est-ce faisable ? Les mentions légales doivent être accessibles à tous mais tout le monde n’a pas accès à Internet. Les entreprises pourraient aussi informer leurs clients dans les magasins, au moyen de panneaux publicitaires ou informatifs. Mais dans ce cas, le consommateur n’a pas accès à l’information chez lui. Il n’est donc pas évident de trouver un canal de communication alternatif valable.

Le matériau utilisé pour l’emballage est identifié par numérotage

Un code chiffré figure au bas de chaque emballage. Ce code fait suite à la Décision 97/129/CE du 28 janvier 1997 de la Commission européenne, établissant le système d’identification des matériaux d’emballage. Le but de ce système, utilisé sur base volontaire, était de faciliter la collecte, la transformation et le recyclage des emballages. Les matériaux sont identifiés grâce à des codes chiffrés : “1” pour le PET, “20” pour le carton ondulé des boîtes, etc. Pour en savoir plus, rendez-vous sur www.preventpack.be

 

Bon à retenir 

  • Les lois nationales, européennes et internationales obligent les entreprises à donner de plus en plus d’informations sur leurs produits. Répondre à ces exigences sans augmenter la quantité d’emballages est un défi.
  • L’emballage remplit un rôle commercial crucial. Il soutient l’identité de la marque et facilite la comparaison avec les produits concurrents
  • Pour faire face aux obligations d’information toujours plus lourdes, les entreprises peuvent opter pour des canaux d’information alternatifs, économiser sur les éléments commerciaux ou modifier le design de leurs produits.

 

Information ou promotion 

Les entreprises peuvent aussi libérer de l’espace sur l’emballage pour les mentions obligatoires. Mais est-ce une bonne idée? L’emballage est un élément d’identité de la marque. Le consommateur reconnaît le produit au logo, aux illustrations et aux autres éléments promotionnels qui figurent sur l’emballage. Difficile de rogner sur ces aspects.

Souvent aussi, l’emballage contient des informations commerciales qui n’ont pas pour vocation de soutenir l’identité de la marque. Mais cela ne signifie pas qu’elles ne sont pas indispensables. Sur les emballages des produits électroniques grand public, par exemple, on trouve souvent des informations destinées à permettre la comparaison avec les produits concurrents. Elles sont donc capitales tant pour le fabricant, à qui elles permettent de se différencier, que pour le consommateur, à qui elles permettent de prendre une décision en connaissance de cause.

Les étiquettes des emballages contiennent de plus en plus d’informations. Et cela ne fera qu’augmenter à l’avenir.

 

Les emballages alternatifs du futur

Les nouveaux développements technologiques dans le domaine des emballages sont encourageants. Grâce à la technologie dite de l’augmented reality (réalité augmentée), les emballages peuvent intégrer des dispositifs d’information innovants : une puce, par exemple, qui envoie des informations vers le GSM du client, ou une application vidéo qui permet de visualiser des informations sur le produit. La question est de savoir comment les entreprises peuvent faire appel à ce type de gadgets sans augmenter l’impact sur l’environnement. Les emballages seront-ils encore recyclables? Les designers demeurent donc confrontés à de nombreux défis.

 

Pour en savoir plus