Emballage et logistique : Plaidoyer en faveur d’une vision globale

Le projet LogPack du Vlaams Instituut voor de Logistiek (VIL, Institut flamand de la Logistique) a permis d’inventorier la chaîne logistique de dix entreprises flamandes et de démontrer qu’il existe encore un potentiel d’économies important. « Mais pour cela, les entreprises doivent se familiariser davantage avec l’ensemble de la supply chain. Quiconque souhaite rentabiliser au mieux ses projets d’optimisation doit confronter chacun d’eux à l’impact qu’il produit sur les étapes suivantes du processus », explique Peter Lagey, Project Officer auprès du VIL.


Nécessité d’une vue d’ensemble de la supply chain

« En règle générale, ce qui nous a très fortement marqués est que la plupart des efforts d’optimisation se font à un niveau inférieur de la supply chain », déclare Peter Lagey. « Chaque département procède à ses propres optimisations – concernant des éléments qu’ils contrôlent ou pour lesquels ils ont une responsabilité – sans tenir compte de l’étape suivante du processus, en particulier quand celle-ci se situe dans une autre entreprise. Par conséquent, les efforts d’optimisation sont moins profitables que prévu. Dans certains cas, ils sont même contre-productifs. Ce qui est positif pour le transport ne l’est pas nécessairement pour le dépôt, et vice versa. Ce qui semble efficace pour le fournisseur peut entraîner des coûts supplémentaires pour le client. Dans la pratique, cela mène à une accumulation d’inefficacités et de coûts tout au long de la supply chain. Les entreprises ont donc tout intérêt à faire un pas en arrière et à observer la chaîne logistique dans son ensemble. »

Influence sur l’image et la satisfaction des clients

« Les entreprises réfléchissent encore trop peu aux conséquences des dégradations de produits causées par des emballages défectueux », déclare Karel Gemmeke de VAL-I-PAC. « La protection des produits – tant lors du stockage que du transport – est l’une des fonctions principales d’un emballage. Celui qui n’observe le phénomène que du point de vue du coût pour le produit perdu fait un mauvais calcul. Car il y a bien plus en jeu : il n’est pas seulement question du coût de production mais aussi du coût environnemental, du coût des déchets, des frais de retour, etc. Ceux-ci ne sont souvent pas pris en compte. De plus, il s’y ajoute un coût qui ne peut être chiffré : celui des clients mécontents et de l’atteinte à la réputation. » 

« Cela démontre également que la logistique ne peut être une activité isolée au sein de votre entreprise », confirme Peter Lagey. « Une logistique bien organisée peut créer des effets positifs sur toutes les prestations d’une entreprise – non seulement dans le domaine de la maîtrise des coûts, de la rentabilité et de la durabilité mais aussi sur le plan de l’image et de la satisfaction des clients. Seulement, ces deux derniers critères sont moins faciles à chiffrer et jouent encore un rôle trop restreint dans l’évaluation de la logistique. En ce sens, nous souhaitons aussi que la logistique soit examinée à un niveau supérieur de l’organisation. »

Bon à retenir

  • Obtenez des informations sur l’ensemble de la supply chain. Prenez du recul et essayez de vous faire une idée claire des inefficacités et des coûts superflus dans toute la chaîne logistique.
  • Favorisez la collaboration et la concertation. Évitez l’optimisation aux niveaux inférieurs de la supply chain et travaillez en étroite collaboration avec vos collègues, fournisseurs et clients.
  • Moins n’est pas toujours synonyme de mieux. Il vaut souvent la peine d’ajouter un emballage au début de la chaîne pour éviter les dégradations de produits à la fin du trajet.

 

L’emballage dans la chaîne logistique : Quelles sont les opportunités pour les entreprises ?

Le projet LogPack a permis de répertorier différentes opportunités d’optimisation de la logistique et des emballages. Nous énumérons ci-dessous quelques résultats et constats notables.

Réduisez le volume des envois

« Il est toujours souhaitable de réduire le volume des emballages et des envois », déclare Peter Lagey. « Transporter de l’air n’a aucun sens et augmente les frais de transport. On utilise également moins de matériel d’emballage et de remplissage, les produits sont souvent mieux protégés et, à la fin du trajet, on réduit la quantité de déchets. Il vaut aussi la peine d’analyser tous les niveaux de l’emballage, pas seulement au niveau du produit. Observez aussi les emballages secondaires et tertiaires. Assurez-vous toujours que vos efforts ne soient pas réduits à néant plus loin dans la chaîne : vous pouvez ôter autant d’air que vous le voulez des emballages, si les camions ne sont pas chargés de manière optimale ensuite, les efforts fournis n’auront aucun sens et ne s’avéreront pas rentables. »

Améliorez le remplissage des camions

« Cet aspect présente un potentiel important pour les entreprises », explique Peter Lagey. « Trop de camions roulent encore avec un chargement insuffisant. De plus, toute optimisation du remplissage des camions permet de réaliser des économies linéaires. Naturellement, le potentiel dépend du type de produit – les produits frais ne peuvent pas toujours attendre. Pour beaucoup d’autres produits, des accords pourraient être passés avec les clients concernant la fréquence des transports et des livraisons – en particulier si vous y associez des incitants financiers. Pensez aussi aux retours : que pouvez-vous encore emporter sur le trajet de retour ? Ici encore, on relève de nombreuses opportunités d’amélioration. »

Optimisez l’entreposage en fonction du transport

L’agencement des palettes est évidemment crucial pour un transport efficace. Ceci demande que les processus d’entreposage soient réexaminés. « Dans un cas particulier, nous avons par exemple constaté que chaque commande entrante d’un client était immé- diatement placée sur une palette dans l’entrepôt, ce qui donnait lieu à de nombreuses pertes d’efficacité. En reportant la palettisation jusqu’à la réception de la dernière commande et la préparation du shipment, il fut possible d’optimiser l’agencement des palettes. Le résultat s’est avéré spectaculaire, tant en ce qui concerne la ré- duction du volume que l’agencement des palettes, désormais plus simple et plus sûr. »

 

Adaptez l’emballage à la production 

L’agencement des palettes est évidemment crucial pour un transport efficace. Ceci demande que les processus d’entreposage soient réexaminés. « Dans un cas particulier, nous avons par exemple constaté que chaque commande entrante d’un client était immé- diatement placée sur une palette dans l’entrepôt, ce qui donnait lieu à de nombreuses pertes d’efficacité. En reportant la palettisation jusqu’à la réception de la dernière commande et la préparation du shipment, il fut possible d’optimiser l’agencement des palettes. Le résultat s’est avéré spectaculaire, tant en ce qui concerne la réduction du volume que l’agencement des palettes, désormais plus simple et plus sûr. » Il vaut également la peine de réfléchir à l’emballage en fonction de la production. « En effet, les composants électroniques sont parfois livrés dans un emballage individuel », explique Peter Lagey. « Ils doivent ensuite être déballés dans la chaîne pour être utilisés dans le processus de production – un processus long et à fort coefficient de travail. En n’emballant plus les composants individuellement mais, par exemple, en les livrant en vrac, vous vous épargnez de nombreuses heures de travail et évitez une quantité significative de déchets. »

LogPack 

Emballer de manière intelligente et innovante 

Avec le projet LogPack, le Vlaams Instituut voor de Logistiek (VIL, Institut flamand de la Logistique) entend examiner comment les entreprises belges peuvent réaliser des économies en optimisant leurs emballages. Une attention particulière est accordée au remplissage des camions, au chargement des palettes et à l’adaptation de l’emballage au reste de la chaîne logistique. La première phase du projet a démarré fin 2012. Elle inventoriait les processus logistiques de chacune des entreprises participantes ainsi que les opportunités d’optimisation. Les résultats sont rassemblés dans un document qui doit aider d’autres entreprises à faire les bons choix. Colruyt, Daikin Europe, DHL Supply Chain, DuPont, Eurobrokers, Hubo Belgique, Mopal, Renson et Scania font notamment partie des entreprises participantes. Le projet est réalisé en collaboration avec l’Institut belge de l’Emballage, la haute école Katholieke Hogeschool Sint-Lieven (Gand) et VAL-I-PAC.

Vlaams Instituut voor de Logistiek (VIL)

Plateforme d’innovation pour le secteur logistique

Le Vlaams Instituut voor de Logistiek (VIL, Institut flamand de la Logistique) est la plateforme d’innovation pour le secteur logistique. L’organisation veut apporter son aide au secteur pour mettre en œuvre des technologies et des concepts durables et innovants. À cet effet, le VIL offre un soutien financier et prodigue des conseils. Le VIL entreprend également des projets de recherche collectifs, tels que LogPack, et réunit les différents acteurs par le biais d’activités de networking. L’objectif final est d’accroître la compétitivité du secteur logistique flamand et de faire de la Flandre une région logistique durable et innovante en Europe. De cette manière, le VIL collabore également à la réalisation des grandes actions du programme Vlaanderen in Actie (« La Flandre en Action») du gouvernement flamand.

Optimiser les emballages est moins complexe qu’on le pense

De simples mesures peuvent réduire le film d’emballage de 15 % 

Réaliser des économies significatives avec un investissement modeste. Tel est le rêve ultime de toute entreprise en cette période économiquement difficile. L’entreprise de logistique Colfridis prouve que c’est possible. Dans une première phase, une optimisation du processus d’emballage dans les dépôts a déjà permis de réduire l’utilisation de film en plastique de 15 %. « Nous n’avons pas atteint ces résultats en mettant sur pied un projet d’investissement de grande envergure, ou un long trajet de recherche et de développement », souligne Tom Lokermans, Finance Manager. « Mais bien en observant les dysfonctionnements à la base, et en cherchant des solutions simples et réalisables pour y remédier. »

 

C’est la participation de Colfridis au programme Lean and Green du Vlaams Instituut voor de Logistiek (VIL, Institut flamand de la Logistique) qui a incité l’entreprise à démarrer ce projet d’optimisation des emballages. « Ensemble, nous avons établi un plan afin de réduire nos émissions de CO2 de 20 % en cinq ans », explique Tom Lokermans. « Vu la nature de nos activités, les principaux points d’attention du projet portaient sur le transport durable et la consommation d’énergie. Nous avons rapidement constaté qu’il existait également une bonne marge d’amélioration sur le plan des emballages – et plus précisément le film que nous utilisons pour emballer nos palettes. L’optimisation des emballages représente aujourd’hui 3 % de la réduction totale de CO2 que nous voulons réaliser dans le cadre du projet Lean and Green. »

De beaux résultats pour un investissement restreint

Colfridis utilise chaque année 72 tonnes de film en plastique pour emballer ses palettes de marchandises. « Cela représente non seulement un coût considérable pour l’entreprise – près de 200.000 euros sur une base annuelle – mais aussi une charge environnementale importante », explique Hugo Vandermeiren, Facility Manager. « Chaque kilo de film en plastique génère 3,5 kilos d’émissions de CO2 . Il y a donc lieu de se montrer économe dans notre utilisation du film et de rechercher des possibilités d’optimisation. » Une première étape du projet d’optimisation consistait à observer attentivement le travail à la base. « Nous devions d’abord nous faire une idée claire des processus d’emballage actuels », déclare Hugo Vandermeiren. « Nous avons rapidement constaté qu’une grande quantité de film non utilisé était jetée et que les collaborateurs ne procédaient pas tous de la même manière lors de l’emballage des palettes. Et que nous pouvions enregistrer des résultats significatifs grâce à quelques interventions relativement simples. Les investissements étaient très modestes, en particulier si nous les comparons aux autres efforts que nous avons fournis dans le cadre du programme Lean and Green, comme l’installation de panneaux solaires. »

Les résultats ne se sont pas fait attendre. L’utilisation de film est désormais réduite de 15 %, ce qui représente une diminution annuelle de pas moins de 38 tonnes de CO2 et naturellement une économie significative pour l’entreprise. « Le projet nous a appris que l’optimisation des emballages ne devait pas nécessairement être compliquée. Et que l’on peut parfois réaliser beaucoup avec des moyens restreints et un peu de bon sens », conclut Tom Lokermans.

Bon à retenir

  • L’optimisation des emballages aide les entreprises logistiques à réaliser des économies, à travailler plus efficacement et à réduire les émissions de CO2
  • Un projet d’optimisation ne doit pas toujours s’accompagner d’investissements importants.
  • Débutez par une observation attentive à la base et élaborez des solutions réalisables pour les problèmes concrets.

 

Lean and Green 

Bon pour l’environnement, le porte-monnaie et la réputation

Lean and Green est un programme qui incite et aide les entreprises à réduire de manière drastique les émissions de CO2 des activités de transport et de logistique. Lancé en 2007 aux Pays-Bas, son déploiement en Flandre est pris en charge par le Vlaams Instituut voor de Logistiek (VIL, Institut flamand de la Logistique). Les entreprises participantes s’engagent à améliorer leur efficacité énergétique et à réduire leurs émissions de CO2 d’au moins 20 % en cinq ans. 

En janvier 2013, les 12 premières entreprises en Flandre se sont vu décerner le Lean and Green Award. En mai 2013, 20 nouvelles entreprises leur ont succédé, parmi lesquelles Colfridis. « Dans le cadre du programme Lean and Green, la protection de l’environnement et les économies vont de pair », déclare Tom Lokermans, Finance Manager chez Colfridis. « Rien que l’électricité et le diesel coûtaient chaque année plus de 2 millions d’euros à Colfridis. La réduction de ces coûts a un effet positif sur la rentabilité. Lean and Green représente aussi une valeur ajoutée pour nos clients. Colfridis travaille pour presque tous les gros détaillants en Belgique, et ceux-ci accordent une attention croissante à la durabilité. »

Optimiser les emballages - Étape par étape

Identifiez : reconnaissez le problème et mettez-le à l’ordre du jour

« Nous avions toujours pressenti que la qualité de nos emballages de palettes pouvait être améliorée », déclare Tom Lokermans. «Mais en chiffrant effectivement le problème et en réalisant que notre entreprise consacre chaque année environ 200.000 euros sur le film en plastique, le business case est rapidement effectué et le projet d’optimisation devient une priorité à l’ordre du jour.» La participation de Colfridis au programme Lean and Green a également fait office de catalyseur. « Chaque kilo de film que nous utilisons génère 3,5 kilos d’émissions de CO2 . Cela signifie qu’une optimisation peut également améliorer notre impact environnemental. »

Observez : soyez présent à la base et examinez les dysfonctionnements

Une analyse approfondie du poste de travail, basée sur l’observation, a rapidement révélé qu’une grande quantité de film se perdait sur le lieu de travail. Il est apparu lors d’un premier contrôle qu’un quart des films manuels étaient jetés sans avoir été utilisés. Lors d’une deuxième visite, les déchets ont même presque atteint la moitié de la quantité de film. Les raisons de ces déchets s’avéraient très diverses. « Nous avons tout de suite été frappés par le fait que les collaborateurs laissaient traîner leurs rouleaux de film à moitié utilisés à tous les endroits possibles et imaginables. Avec, pour conséquence, une dégradation d’une grande partie de ces rouleaux, qui se retrouvaient finalement dans les déchets. Nous avons aussi constaté que les collaborateurs préféraient utiliser un nouveau rouleau, parce qu’il n’est pas évident de détacher le film d’un rouleau déjà entamé. Le manque de systématisme lors de l’emballage des palettes constituait un deuxième problème. Chaque collaborateur appliquait sa propre méthode. L’un utilisait bien plus de film que l’autre pour emballer une palette. Enfin, la qualité du film représentait le troisième point. La résistance et l’extensibilité du plastique sont en effet déterminantes pour la consommation », déclare Hugo Vandermeiren.

Remédiez : trouvez des solutions réalisables et apportez votre soutien

Colfridis a décidé d’aborder une par une les trois problématiques. «Premièrement, les rouleaux de film sont à présent distribués de manière centrale par un responsable. On ne peut recevoir un nouveau rouleau que si l’on rapporte le rouleau vide de l’ancien. De plus, les collaborateurs rapportent les rouleaux utilisés après chaque session de travail. De cette manière, les rouleaux ne traînent plus partout et les collaborateurs sont sensibilisés à leur utilisation. Le deuxième point d’action consistait d’apporter davantage de cohérence dans l’emballage des palettes. Nous avons développé une procédure pour l’emballage manuel et nous avons investi dans un certain nombre de machines d’emballage. Celles-ci simplifient la procédure d’emballage pour les collaborateurs et ramènent le gaspillage à un minimum absolu. Pour finir, nous optons à présent pour un film de qualité supérieure. Il est peut-être plus cher à l’achat mais présente une meilleure extensibilité, ce qui réduit la quantité de film nécessaire pour emballer correctement une palette. »

Colfridis - Un savoir-faire logistique sur mesure

Colfridis offre des services logistiques spécialisés adaptés aux besoins des détaillants. L’entreprise livre des marchandises aux points de vente dans toute la Belgique et propose à cet effet un package global : entreposage des produits, order picking, livraison à la destination finale, contrôle de la gestion du stock et logistique des retours. L’entreprise est notamment spécialisée dans la distribution quadrillée de produits sensibles à la température. Grâce à sa situation stratégique à Londerzeel, Colfridis peut livrer tous les points de vente en Belgique depuis un site central.