Emballages refermables et système de dosage

Mieux conserver et doser, moins gaspiller 

De plus en plus d’emballages sont conçus pour faciliter la vie du consommateur. Parmi eux, les emballages refermables ont le vent en poupe. Par ailleurs, la tendance est au développement de systèmes d’aide au dosage. Plus nombreux et plus efficaces, ces emballages aident les consommateurs à mieux préserver les produits et à les consommer de manière plus adaptée, tout en gaspillant moins. Un plus pour l’environnement également, même si les emballages deviennent parfois plus complexes.


Réagir au comportement réel des consommateurs

Les emballages refermables existent depuis longtemps déjà. Songeons par exemple aux traditionnels bocaux, pots et bouteilles en verre. Récemment toutefois, bon nombre de nouveaux types d’emballages refermables ont été conçus pour d’autres sortes de produits. Ainsi, le jambon et le fromage coupés en tranches sont de plus en plus vendus dans des emballages refermables, avec un petit couvercle ou un film plastique doté d’un bord autocollant (voir aussi la fiche Carrefour). « Cette évolution a été entamée il y a une dizaine d’années », explique Peter Ragaert, conseiller technologique chez Pack4Food. « Auparavant, les tranches de charcuterie étaient uniquement proposées dans des emballages jetables en plastique. De nombreux consommateurs en retiraient ce dont ils avaient besoin et remettaient le reste. Comme l’emballage ouvert ne fermait plus bien, les aliments séchaient rapidement. Avec les emballages refermables, l’industrie a intelligemment réagi au comportement réel des consommateurs. Divers systèmes existent aujourd’hui. Les plus connus sont les petits bacs avec fermetures à clic ou collantes, ainsi que les sachets dotés d’une fermeture à curseur. »

Une alternative aux emballages par portions

Les emballages facilement refermables conservent plus longtemps le reste des produits. « En ce sens, ils peuvent constituer une bonne alternative aux emballages par portions, puisqu’ils répondent aux mêmes besoins : acheter en plus grandes quantités mais consommer en plus petites portions », clarifie Peter Ragaert. « Outre d’offrir une flexibilité en permettant de consommer exactement la quantité souhaitée, les emballages refermables sont ergonomiques. C’est pourquoi des systèmes sont développés afin de permettre un dosage toujours meilleur, en particulier pour les produits liquides ou visqueux. Songeons, par exemple, aux bouchons à visser sur les cartons à boisson, aux buses sur les bouteilles de ketchup ou de moutarde, ou encore aux petits robinets sur les Bag-in-Box contenant du vin, du jus de fruits ou du lait. Ces derniers constituent un exemple parlant : vous achetez une bouteille de 3 litres au lieu de 75 cl, mais grâce au système de fermeture et de dosage, le produit reste bon plus longtemps. »

 

Bon à retenir

  • Afin de répondre aux besoins des consommateurs, l’on développe de plus en plus d’emballages refermables et de systèmes de dosage.
  • Les emballages refermables et les systèmes de dosage correctement conçus réduisent le gaspillage alimentaire et limitent ainsi l’impact sur l’environnement.
  • Souvent, ces nouvelles techniques requièrent davantage de matériaux et sont plus complexes. Il s’agit donc toujours de trouver le meilleur équilibre.
Lorsque les aliments sont conservés dans un emballage jetable après ouverture, ils sèchent vite.  Un emballage bien refermable remédie à ce problème.

Le Bag-in-Box est un exemple parlant : parfaitement refermable, il comporte un système de dosage pratique

Recherche et développement au sein d’un partenariat tripartite

Les producteurs voient dans les emballages refermables et les systèmes de dosage une manière de gagner les consommateurs à leur cause. C’est pourquoi l’industrie veut aller toujours plus loin et développer de nouveaux emballages faciles à l’emploi. Mais cela n’est pas évident. « Les producteurs doivent tenir compte de nombreux paramètres », explique Guy Dohogne, également conseiller technologique chez Pack4Food. « Comment limiter les coûts supplémentaires ? Comment assurer la sécurité alimentaire, par exemple lors de l’utilisation de colles ? Quel est l’impact sur les systèmes de remplissage ? Ainsi, les nouvelles techniques d’emballage sont presque toujours développées dans le cadre d’un partenariat tripartite composé d’un producteur alimentaire, d’un producteur d’emballages et d’un fabricant de systèmes de remplissage. Ensemble, ils recherchent des solutions pratiques et sûres qui sont également efficaces et économiques à mettre en œuvre, tout en étant respectueuses de l’environnement. »

Facilité d’usage et considérations environnementales ne s’excluent pas

La charge environnementale demeure un point d’attention important. « Il s’agit toujours de chercher le bon équilibre », affirme Dohogne. « Un bouchon à visser sur un carton à boisson ou un couvercle refermable sur une boîte de fromage requièrent inévitablement plus de matériaux. D’un autre côté, ils réduisent le gaspillage de produit, ce qui représente un gain important pour l’environnement. Déterminer la charge environnementale demande beaucoup de prudence. Par exemple : où le producteur d’emballages achète-t-il ses matières premières ? Que deviennent les matériaux d’emballage après utilisation ? Si les emballages viennent de l’autre bout du monde ou y sont envoyés, il convient d’intégrer dans les calculs l’impact du transport et les consé- quences pour le marché local. La façon dont les consommateurs font leurs achats a également des conséquences sur l’empreinte d’un produit. L’impact sur l’environnement ne peut être évalué correctement qu’en réalisant une analyse complète du cycle de vie pour chaque emballage. Nous devons limiter le plus possible la charge environnementale en choisissant les bons matériaux et en utilisant les meilleures technologies disponibles. »

Pour en savoir plus

Pack4Food est un consortium de centres d’expertise, d’organisations de réseautage et d’entreprises regroupés autour des thèmes ‘innover via les emballages de produits alimentaires’ et ‘emballages durables et fonctionnels’. www.pack4food.be 

 

Réduction du gaspillage alimentaire

Rôle clé du comportement des consommateurs mais aussi des emballages

Trop d’aliments finissent encore à la poubelle. Des actions ciblées impliquant les acteurs locaux sont indispensables pour modifier les habitudes des consommateurs afin d’adapter leurs achats à leurs besoins. Parallèlement, à travers les emballages, les entreprises prolongent non seulement leur durée de conservation, mais permettent aussi un meilleur dosage du produit, réduisant ainsi le gaspillage.

Les Belges jettent plus de 15 kg de nourriture par an

D’après FEVIA, les consommateurs belges jettent entre 5 et 10 % des aliments qu’ils achètent. Entre 15 et 20 kg de nourriture par habitant finissent chaque année à la poubelle, ce qui représente quelque 180 euros. « Même si le consommateur est globalement plus attentif à la problématique du gaspillage alimentaire, il reste beaucoup de chemin à parcourir », estime Nathalie Ricaille, chargée de mission chez Espace Environnement et Communication Manager du projet européen GreenCook. « Pour diminuer le gaspillage alimentaire, il faut jouer à la fois sur l’emballage et le comportement du consommateur. C’est pourquoi il est important de promouvoir des initiatives qui englobent ces deux aspects, notamment en communiquant clairement certains messages au grand public.»

Conservation prolongée, meilleur dosage

Les actions de l’industrie sont diverses. « En plus de limiter la quantité d’emballages, l’industrie déploie des efforts spécifiques afin de réduire le gaspillage alimentaire », ajoute Nathalie Ricaille. « Les emballages à atmosphère modifiée, utilisés par exemple pour la viande, permettent de conserver plus longtemps le produit emballé en bon état. » Un autre type d’emballage « intelligent » indique quand le produit doit être consommé ou avertit lorsque la chaîne de froid a été rompue pendant son acheminement.

D’autre part, les entreprises proposent de plus en plus souvent des emballages refermables, par exemple pour la charcuterie ou le fromage précoupé. Même tendance pour les emballages permettant un dosage ou un portionnement approprié. « Les emballages refermables et les bouchons doseurs contribuent à limiter le gaspillage, à condition qu’ils soient bien adaptés au produit. La clé est de veiller à ce que le conditionnement soit idéal pour le produit et son mode d’utilisation. Avec l’introduction de tels emballages, les consommateurs comprennent mieux la fonction essentielle qu’ils jouent dans la protection du produit et le prolongement de sa durée de vie.»

Bon à retenir 

  • L’emballage remplit ce rôle en protégeant le produit, en augmentant sa durée de conservation, ou encore en favorisant un bon dosage.
  • Une des fonctions clés de l’emballage est de limiter le gaspillage alimentaire.
  • La réduction du gaspillage alimentaire passe aussi par des actions de sensibilisation du consommateur.

Actions créatives pour modifier le comportement d’achat

Outre les emballages, la réduction du gaspillage passe aussi par un comportement adapté des consommateurs. « Des actions se développent au niveau de la distribution pour favoriser un comportement plus responsable. L’idée est notamment de rendre plus visibles les produits et emballages qui vont dans le sens d’une réduction du gaspillage alimentaire », poursuit Nathalie Ricaille. « Certains supermarchés, comme Leclerc en France, mettent ainsi en place un étiquetage spécial des emballages qui engendrent moins de gaspillage, en permettant par exemple une plus longue conservation.»

Une autre initiative consiste à promouvoir, lorsque cela est possible, les achats de charcuterie et de fromage à la découpe. Ceux-ci encourage le consommateur à adapter les quantités achetées aux besoins réels du ménage et, par conséquent, de réduire le risque de gaspillage.

Pour les fruits et légumes, par contre, l’intérêt du vrac reste plus discutable. Les manipulations fréquentes des consommateurs abîment les fruits et légumes les plus fragiles, générant des pertes parfois importantes sur le lieu de vente ou au domicile du consommateur. Pour autant, emballer systématiquement chaque fruit ou légume n’aurait aucun sens. Il faut donc trouver le juste milieu, d’un point de vue économique et environnemental.

GreenCook promeut les actions locales

Le projet GreenCook vise notamment à réduire le gaspillage via des actions en supermarché. Coordonné par Espace Environnement, il regroupe des partenaires issus de cinq pays du Nord-Ouest européen. « Plusieurs initiatives sur le lieu de vente connaissent un franc succès », souligne Nathalie Ricaille. « Des nutritionnistes font ainsi des démonstrations pour expliquer aux consommateurs comment préparer une sauce avec des tomates qui ne sont plus présentables en salade ; ou encore comment faire des smoothies avec des fruits légèrement abîmés. Autre exemple : une signalé- tique en rayon donne divers conseils précis, par exemple sur le nombre de grammes de viande à prévoir par personne.»

Mais le projet GreenCook va bien plus loin. Outre le supermarché, le domicile, la cantine scolaire et le restaurant ont aussi été identifiés comme principaux lieux de gaspillage. Des actions ciblées sont dé- veloppées pour chacun d’entre eux. « La lutte contre le gaspillage est une thématique très actuelle. Cela laisse aux opérateurs motivés une marge de manœuvre réelle pour favoriser la généralisation de ces initiatives innovantes », conclut Nathalie Ricaille.

Plusieurs initiatives en supermarché visent à sensibiliser le consommateur dès l’acte d’achat.

À propos d’Espace Environnement

L’action d’Espace Environnement s’inscrit dans le développement durable. Partenaire des pouvoirs publics, associations et entreprises depuis 40 ans, l’institution promeut une « éco-citoyenneté » responsable basée sur la concertation avec les acteurs locaux et la participation des habitants. Ses principaux domaines d’action sont l’aménagement du territoire, l’urbanisme, la lutte contre les pollutions intérieures, la mise en place d’espaces verts, la propreté et la réduction des déchets.

Pour en savoir plus

 

Aide à l’optimisation des emballages

Un outil internet pour réussir l’écoconception de votre emballage 

Vous souhaitez adopter une démarche d’écoconception lors de l’optimisation ou du développement d’un emballage ? Quels éléments prendre en compte ? Et par où commencer ? Le site www.pack4ecodesign.org vous aide à répondre à ces questions.

Ce nouveau site destiné aux professionnels de l’emballage a été conçu par Fost Plus sur base d’un outil simplifié d’analyse du cycle de vie. Facile à utiliser, il vous permet d’identifier les principaux impacts de votre emballage – émissions de CO2 , consommation d’énergie, consommation d’eau – et vous aide à réduire chacun d’eux.

Un tutoriel est également disponible sous la forme d’une animation. Celle-ci permet de comprendre en deux minutes l’utilisation de l’outil.

L’outil de calcul utilisé pour générer les résultats des analyses de cycle de vie simplifiées a été développé par le bureau de consultance Intertek RDC. Les solutions et actions à entreprendre proposées par Fost Plus ont été greffées sur cet outil, afin d’aller plus loin que le constat pur et simple des impacts engendrés. Le site existe en français, néerlandais et anglais.

Ce site complète efficacement le site www.pack4recycling.be qui donne des conseils pour améliorer la recyclabilité d’un emballage, ainsi que le site www.preventpack.be qui développe en profondeur différentes actions de prévention.

 

Bon à retenir

  • Le site www.pack4ecodesign.org vous assiste dans l’écoconception de votre emballage.
  • Il permet de réaliser une analyse simplifiée du cycle de vie pour un grand nombre d’emballages.
  • Cet outil d’optimisation des emballages s’adresse à tous les professionnels de l’emballage. 
  • Le site donne de nombreux conseils afin de réduire l’impact environnemental d’un emballage.
  • Il permet aussi de simuler le bénéfice d’une action conseillée.